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Voici un onctueux fromage dont l'origine est étroitement liée à l'installation de
la communauté des sœurs trappistines dans le vallon de Belval. L'histoire
remonte à 1893, quand l'abbé Trannoy, curé de Troisvaux, décida quelques
trappistines de l'Abbaye de Laval, en Mayenne, à fonder une abbaye dans une
ancienne demeure seigneuriale au cœur du Ternois. Ici, les verts crus des betteraves sucrières
jouxtent les jaunes d'or des blés que tache le rouge vermillon des
coquelicots…les chaumières aux murs de torchis peints au lait de chaux se
blottissent dans le fond des vallons. La flèche en pierre blanche de la petite
église perce à peine leurs toits de chaume. Propice au recueillement, le vallon
solitaire et calme, avait donc tout pour attirer la jeune communauté
monastique.

Abbaye
de Belval
Respectueuses de la Règle de St
Benoît, les sœurs transformèrent la
grange en une modeste fromagerie. Ainsi, le fromage; fruit d'un travail manuel,
permit de préserver l'autonomie de la communauté qui commercialisa ses fromages,
d'abord sur les marchés locaux, puis dans les crémeries de la région
parisienne.
Pour réussir cette
entreprise, les sœurs trappistines se
sont rapprochées de leurs frères trappistes de Flandre et du Hainaut, réputés
pour leur savoir-faire laitier. Les sœurs affinent donc la caillebotte blanche
selon une tradition monastique. Les fromages lavés, brossés et retournés avec
grand soin, reposent sur des claies pendant des semaines dans le silence des
caves. Ainsi dans le silence, les fromages au lait
cru de l'Abbaye de Belval puisent leurs caractères dans ce terroir pour l'offrir
aux plus fins des gourmets.
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