Traditions picardes

Par Gérard Martel

 

 

 

 

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Hier et aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Les Mais

Dans la nuit du 30 avril au 1 mai ou la veille du premier dimanche de mai, iI était courant de voir des jeunes gens se promener avec des branches, cette tradition qui se fait rare aujourd'hui, avait l'attrait de sa référence à la nature et la complicite existante entre jeunes d'un même village

Il s'agissait pour les garçons d'aller accrocher des branches d'aubépine ou de caroline aux portes des filles à marier, et d'y laisser un message devinette, et codé :

L'aubépine était très apprécié "aubépine, je t'estime " ou "l'aubépine, je t'aime"

"Caroline,je t'estime" la caroline est le peuplier de nos paysages.

Et, ils faisaient d'autres messages avec des branches comme le sureau

Le sureau ou sehiu (ou séhu) n'est pas gentil vis à vis de la fille car du "sehiu = tu pues ...." mais, il y avait pire, comme les branches de sapins très ambigües .Dans certains endroits, avec des rubans en haut, c'était le signe d'un grand intérêt.... ruban en bas voulais dire "sapin, p.......)

On aperçoit ici que cette tradition, qui peut sembler poétique, peut être cruelle.

C'est pourquoi,les parents, les frères se dépêchaient d'aller voir et au besoin .....de décrocher ses mais.

Des bouquets pouvaient être ajoutés à ces mais (ou moé ) et ainsi s'assimiler à une déclaration d'amour .

Si on y regarde de près la tradition du muguet n'est pas si éloignée de nos "mais" c'est toujours avec un rameau ou un brin que l'on  montre son affection à un proche

 

Le ruban du mariage

Quand les coups de fusil pétaradaient pour faire joyeusement  honneur aux mariés, des petits miséreux attendaient un peu a l'écart, afin de débiter un compliment peu compliqué. Avec un ruban, ils barraient le chemin et ils présentaient un bouquet à la mariée et un petit verre de goutte (eau de vie de cidre ou de raisin ....) au marié et à chaque invité, tout en quêtant une assiette à la main ..

Cette pratique leur rapportait quelques sous et une invitation à manger dans la semaine après la noce ..........

Mais en ce temps-là, les pauvres parvenaient à combler un trou avec quelques sous.

 

L'alliance

En du lien dehors qu'elle représente, l'alliance est lourde de symbolisme. Au cours de la cérémonie nuptiale, si l'anneau tombe et roule à terre en s'éloignant de l'autel, c'est un très mauvais présage .. S'il arrête à proximité d'une pierre  tombale, c'est la mort précoce pour l'un des jeunes mariés. Même après la cérémonie, les nouveaux époux ne sont pas à l'abri .......

Prendre la mariée dans ses bras

La tradition ancienne qui consiste à prendre dans ses bras une jeune mariée pour lui faire franchir pour la première fois  le seuil de sa nouvelle maison a plusieurs explications .....

La  première et la plus logique serait que le mari  veut ainsi éviter à son épouse de faire un faux pas

Mais, il y a une croyance qui considère que l'entrée d'une maison est un endroit funeste, où se cachent les mauvais esprits. C'est donc encore une attention délicate  que de vouloir épargner à son épouse le contact avec le malin .

Le baptême

Ding ! Ding ! Dong !! Qu'entendons -nous ??? C'est le bedeau dans le clocher en train de carillonner deux coups, un coup, d'un coup a l'autre. Sur la cloche, sans faire de faute, il tape avec un maillet de bois pour annoncer le  baptême de Jean -Pierre.

Tous les enfants du village, vraiment contents, tous sages comme des images, attendent pour ramasser des dragées que le parrain et la marraine jetteront à poignées à la sortie de l'église ..

Malheur à eux  s'ils ne lancent rien ....... Alors les petits crieront comme des vauriens "Parrain sec !! Marraine sèque !!! Puisque c'est comme ça, le petit crèvera !! Crèvera!! Crèvera !!!!"

LA DIME.....

Tous les ans, après le mois août, la vierge et le bedeau passaient avec une voiture dans chaque ferme pour demander le surplus de la moisson .

Chacun donnait de ce qu'il pouvait, à la fin de la tournée, les deux quêteurs avaient récolté une voiture de blé... qu'ils s'empressaient de porter au curé. Grâce au grain récolté, l'homme d'église gagnait son pain.

Cette tradition continue aujourd'hui encore dans le Ponthieu, où les fermiers distribuent des brioches aux habitants de leurs villages.