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Saint Venant, de descendance
illustre, attiré très jeune par une carrière militaire, est l’un des principaux
officiers de l’armée de Pépin. Dans une joute, il est gravement blessé à la
jambe. Cet accident lui fait comprendre la fragilité des choses de ce monde, un
mystérieux travail s’opère en lui, il est touché par la grâce de
Dieu.

Remis de sa blessure, il abandonne le métier des armes pour une
vie de solitaire. Il se retire dans la forêt de Vastelau (près d’Aire sur la
Lys), où il se bâtit une cellule, se livre aux travaux les plus durs de la vie
la plus austère. Après deux ans de solitude, ses vertus sont connues dans la
contrée de la Morinie. On veut le rencontrer, recevoir de lui quelques paroles
consolatrices. De tous les rangs de la société, chacun veut se mettre sous sa
direction. Parmi ce nombre, Isbergues, fille de Pépin et de Berthe la
sœur de Charlemagne. Cette princesse, d’une très grande beauté et d’un excellent
caractère, attire le regard des plus illustres. Isbergues a entendu parler
de la vie admirable de Venant, elle est persuadée que Dieu lui a proposé cet
homme pour la diriger dans le chemin de la perfection à laquelle elle se sent
appelée. Isbergues demande à rencontrer Venant, sa demeure étant à proximité du
bois où vit l’ermite. Son humilité et sa modestie blessées, Venant
commence par refuser, avant de rencontrer l’humble et pieuse Isbergues. Un
prince Anglo-saxon demande à Pépin la main la princesse, le monarque accueille
favorablement cette alliance, mais il ne parvient à fléchir la volonté
d’Isbergues qui a résolu de se retirer complètement du monde et de se consacrer
à Dieu. Voulant éviter de nouvelles demandes en mariage, Isbergues conjure
Dieu de la défigurer et de lui ravir sa beauté devenue un obstacle à la vie
qu’elle souhaite. Son vœu est exaucé, une plaie aussi hideuse que subite met fin
aux charmes que l’on admirait en elle.

Exaspéré par ce prodige, le
prince Saxon, attribuant à Venant le refus de la princesse, décide de se venger
: par son ordre, en 766, Venant est tué, décapité, son corps est jeté dans la
Lys. Pendant ce temps Isbergues continue de prier et de souffrir avec
patience de sa maladie envoyée par Dieu à sa demande. Elle a une vision d’un
ange lui annonçant qu’elle guérira en mangeant d’un poisson qui sera trouvé sur
le corps de Venant jeté dans la Lys. Dieu fait connaître les
circonstances de la mort de Venant, des pêcheurs sont envoyés à la recherche de
son corps, qu’ils repêchent à l’endroit où la Lys traverse le Vasteleau. Ils
retirent un cadavre dont la tête détachée du tronc est tenue par les mains sur
la poitrine ; et découvrent une anguille cachée dans la vase et les herbes qui
entourent le corps. Ce témoignage de l’intervention de Dieu est confirmé par
plusieurs miracles dont la guérison de la princesse qui a lieu instantanément.
La princesse organise pour Venant des funérailles presque royales. Les
miracles qui s’opèrent autour du tombeau de Saint Venant attirent une foule de
pèlerins, C’est l’occasion pour un certain nombre de marchands de venir
s’installer là et d’y fonder la ville. Les papes encouragent le pèlerinage.

Isbergues renonce au monde, elle se consacre à la vie monastique sous
les règles de Saint Benoît à Aire dans le Château de la salle ou elle fonde un
monastère. Abbesse de ce monastère pendant vingt ans, elle fait construire
plusieurs églises et fait des donations magnifiques aux établissements
religieux. Après avoir passé sa vie dans la pratique de toutes les vertus,
Isbergues rend son âme à Dieu en 808.
Depuis la fontaine Sainte Isbergue (soit disant creusée par Saint Venant pour abreuver
Sainte Isbergue ) a conservé sa réputation de guérir les maladies des yeux et de
peau.
De nombreux fidèles viennent y boire régulièrement l'eau et déposent des
bâtons, béquilles, témoins des guérisons obtenues.

La
chapelle
et
la
fontaine
Sainte Isbergue
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