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Sainte Barbe
Vierge et martyre à Nicomédie ? (+ 235) ou Barbara, illustre
martyre de Nicomédie dont le culte fut largement répandu dès le 5ème siècle tant
en Orient qu'en Occident. Sa vie est surtout faite de traditions pour ne pas
dire de légendes. Son bourreau aurait été frappé par la foudre d'où l'origine de
la dévotion populaire qui l'invoque contre les dangers d'une mort subite
provoquée par le feu ou l'électricité. Il semble que cette barbare (Barbara) fut
introduite dans le cirque de Nicomédie sans que les spectateurs, parmi lesquels
se trouvaient des chrétiens, ne connaissent son nom. Sommée une dernière fois de
sacrifier l'encens à l'empereur, elle refusa. Quand les chrétiens vinrent
demander son corps, ils ne purent la nommer que " une jeune femme barbare ",
Barbara. Il en est d'ailleurs de même pour beaucoup d'autres martyrs : René
(rené par le baptême), Christian (un chrétien), Christophe (un porte-Christ) etc
.
Date de Fête 4 décembre, Fête Locale
Reconnaissable à sa tour et à un ciboire surmonté d'une hostie,
on l'invoque contre la foudre et la mort subite. On fête à cette occasion
les Barbe mais aussi les Barban, Barbara, Barberine.
Dictons A
la Sainte Barbe, soleil peu darde Pour la Sainte Barbe, l'âne se fait la
barbe (son poil d'hiver).

Sainte-Barbe, née d'un père païen - adorant les idoles - vers 235 à
Nicomédie (en Turquie, aujourd'hui Izmit), fut cependant de bonne heure
instruite des vérités chrétiennes par ses lectures, et fit de même tout son
possible pour éviter le mariage. Dioscore, son père, était un être d'une humeur
bizarre et d'un naturel cruel ayant toutes les inclinations d'un barbare.
Celui-ci, voyant que sa fille, déjà parvenue à l'adolescence, était d'une beauté
très remarquable, et comprenant les dangers auxquels ne tarderaient pas à
l'exposer ses grâces jointes à une immense fortune, imagina de l'enfermer dans
une forteresse inaccessible. La célèbre tour ressemblait plus à un palais
magnifique qu'à une prison. Barbe profita de l'absence de son père pour faire
percer une troisième fenêtre en plus des deux dont disposait sa prison dorée,
pour symboliser la Trinité : le Père, le Fils et le Saint Esprit. De même elle y
traça des signes de croix. Son père, à son retour, lui demanda l'explication de
ces signes. Elle lui dit qu'elle avait voulu représenter un Dieu en trois
personnes et la mort du fils de Dieu sur la croix. Dioscore entra dans une
grande colère en voyant que sa fille embrassait "les rêveries" des chrétiens :
elle fut obligée de fuir. Il la poursuivit longtemps et, l'ayant enfin atteinte,
il l'accabla de coups, la prit par les cheveux et la ramena à sa maison où il la
tint enfermée dans la tour et la traita comme une esclave. Il la mena ensuite au
tribunal de Marcien, gouverneur de la Province où, l'ayant accusée d'être
chrétienne, il demanda qu'elle fut châtiée selon la rigueur des édits que les
empereurs avaient promulgués contre les chrétiens (elle n'avait que 16 ans).
Marcien s'efforça d'abord de la faire fléchir par de belles paroles
mais, la voyant insensible à ses remontrances, il changea cette feinte douceur
en cruauté. Après une horrible flagellation, il la fit ramener en prison en
attendant d'avoir inventé quelque nouveau supplice pour la punir. La même nuit,
le Seigneur lui apparut dans une lumière admirable, l'exhorta à la persévérance,
lui promit de l'assister dans tous les combats qu'elle allait soutenir pour la
gloire de son nom. Et pour lui donner des marques sensibles de protection, il la
guérit parfaitement de toutes ses plaies.
Le lendemain, le gouverneur la fit comparaître une seconde fois devant
son tribunal, et, la voyant guérie des blessures dont son corps avait été tout
couvert, il attribua ce miracle à ses faux dieux et tâcha de la persuader de
leur offrir quelques sacrifices en actions de grâces. Mais la jeune fille lui
affirma qu'elle avait été guérie par Jésus-Christ, fils du Dieu vivant. Le juge,
irrité par sa hardiesse, commanda au bourreau qui était présent de lui déchirer
les flancs avec des peignes de fer, et quand ils seraient entre ouverts, de les
lui brûler avec des torches ardentes, et, enfin, de lui décharger sur la tête de
grands coups de marteau. Pendant qu'on exécutait cet arrêt, elle avait les yeux
élevés au ciel et priait. A ces tourments en succéda un plus douloureux : la
sainte eut les mamelles coupées ; mais l'amour qu'elle portait à Dieu et le
désir de souffrir pour lui, faisaient que ces douleurs lui étaient agréables.
Marcien, se voyant vaincu par la constance de Sainte-Barbe, s'avisa d'un autre
genre de supplice, qui était le plus sensible qui put faire souffrir une vierge
: il commanda qu'on lui ôta ses habits, et qu'en cet état elle fût chassée à
coups de fouet par les rues de la ville. Alors la sainte, levant les yeux au
ciel, fit cette prière à Dieu : "Ô mon Seigneur et mon Roi, qui couvrez quand il
vous plaît le ciel de nuages et la terre de ténèbres, cachez, je vous en
supplie, la nudité de mon corps, afin que les yeux des infidèles ne le voyant
point, ils n'aient pas sujet de faire des railleries de votre servante". Sa
prière fut aussitôt exaucée et Dieu lui apparut, remplit son cour de consolation
et la couvrit d'un vêtement lumineux qui ôta aux idolâtres la vue de son corps.
Enfin, Marcien perdant tout espérance de faire ébranler le cour de notre
sainte, qui avait parut invincible au milieu de tant de supplices, la condamna à
avoir la tête tranchée. Dioscore, qui s'était trouvé à tous les tourments de sa
fille, semblait n'attendre que cette sentence pour se baigner dans son sang
virginal et achever d'assouvir sa rage contre elle ; car dès qu'elle fut
prononcée, il se présenta pour en être lui-même le bourreau (afin qu'elle ne
mourût point dans d'autres mains que les siennes). Cette cruelle demande lui
ayant été accordée, Barbe fut menée hors de la ville, en haut d'une montagne où,
étant arrivée, elle se mit à genoux pour remercier Dieu de la grâce qu'il lui
faisait de l'honorer du martyre. Elle le pria aussi d'exaucer ceux qui
demanderaient quelque chose par son intercession. A l'heure même, on entendit
une voix céleste l'assurant que sa requête était exaucée, et l'invitant à venir
recevoir la couronne qui lui était préparée au ciel. Son père inhumain ne lui
laissa pas plus de temps pour faire sa prière : il lui coupa la tête le 4
décembre, sous l'empire de Maximin Ier (et non de Maximien). C'est alors que, se
retournant à la Cour, triomphant et fier de son zèle à servir les idoles de
l'état, il fut, par le ciel, frappé d'un coup de foudre qui réduisit son corps
en cendres. Plus tard, le corps de Sainte-Barbe fut exhumé solennellement et ses
reliques transportées en divers pays. Par cette intervention divine contre son
père, elle s'était révélée puissance de feu. Elle eut pour compagne de son
martyre une vertueuse femme appelée Julienne, convertie par son
exemple.
L'histoire de Sainte-Barbe étant basée sur des sources plus ou
moins légendaires, son nom a été supprimé du calendrier par l'Eglise en 1969. Il
fut remplacé par "Barbara", nuance lexicale bien subtile !

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