Dictons de

Thérèse, Françoise et Raymond 

Retour aux paches ed Raymond

 

 

 

 

Les Dictons de Raymond 

Quelques dictons...et leur sens caché !

 

À pluquer on n'vient jamais cras.

(à manger sans appétit, on ne grossit pas)  on ne vit pas d'amour et d'eau fraîche, interprétation libre !

 

 Adrot d'ses mains comme eine vaque de s'queue.

(adroit de ses mains comme une vache de sa queue) se dit d'un empoté, d'un maladroit (en chti, un becbos)

 

 Après des prés ch'est des pâtures.

 (après des près, il y a des pâtures) réponse faite à un raseur qui demande toujours « et après ? »

 

 Boire cherques et tonniaux.

 (boire cercles et tonneaux) avoir grand soif

 

 Ch'est du libouli pour ech co.

 (c'est de la crème pour le chat) c'est du gâchis

 

 Ch'ti qui va i lèque, chti qui joque i sèque.

 (celui qui avance, il lèche, celui qui chôme, il ne mange pas) autrement dit : si tu cherches une main secourable, tu la trouveras au bout de ton bras

 

 Cacher après pardu.

 (chercher après perdu) essayer de faire des choses impossibles

 

 I'est maîte à s'mason quand i'est tout seu.

 (il est maître chez lui quand il est seul) se dit d'un homme qui ne porte pas la culotte dans son ménage (c'est un effet de la parité, mesdames !)

 

 I a moude et moude mais i faut pon arra-cher ch'pis.

 (il y a moudre et moudre, mais il ne faut pas arracher le pis) proverbe grivois...

 

 Jone file et viu garchon, d'z'éfants plein sin gron.

 (jeune fille et vieux garçon, des enfants plein son giron) se dit à propos des enfants qui ne se marient pas (avez-vous vu Tanguy, au ciné ?)

 

 In li f'ra pus donneur qu'à un vio : in l'interra avec es'piau.

 (on lui fera plus d'honneur qu'à un veau : on l'enterrera avec sa peau) propos méchants pour un mécréant, un homme sans honneur ni parole

 

 Passer pa'l'trau à l'tarte.

  (passer par le trou à tarte) s'étrangler avec de la nourriture

 

 Cha viendra, l'queue d'nou quien al' est bin v'nue.

 (ça viendra, la queue de notre chien est bien venue) pour calmer les impatients

 

 Armonte t'marone, tin patalon i qué.

 (remonte ton pantalon, il tombe) pour se débarrasser d'un gêneur

 

 Un tonniau vide cha fait gramint pus d'potin qu'un tonniau plein...

 (un tonneau vide fait plus de bruit qu'un tonneau plein) petite phrase dédiée à ceux qui font beaucoup de bruit, mais n'agissent pas

 

Chti-là, si in l'acoute, i a connu sin grand-père jon-ne hom-me

se dit d'un vantard

 

I fait toudis meilleux à l'mason d'ein aute

on pense que c'est mieux chez les autres

 

Vaut miux aller dins l'mason d'un plaigneux qu'dins chelle d'un vanteux

les gens aisés sont discrets

 

 

Locutions et dictons en patois, avec leur traduction en français puis leur interprétation (sens figuré) selon lui, envoyés par mon oncle Robert LUGEZ

Recueillis par Thérèse DORNIER et annotés par Raymond

 

Ch'cat i est din ch'l'horloche : le chat est dans l'horloge. La dispute entre les deux  époux est si violente que les enfants se sont réfugiés dans leur coin, le chien sous la table et le chat a  trouvé refuge dans l'horloge. Quand le chat en vient là, c'est que ça va mal.

 

A chacun sin pain, chacun s'n'héring : à chacun son morceau de pain et son hareng. Pas de  tricherie, à chacun sa part (les temps étaient durs !).

 

Ti, vaut miux t'querquer qu'ed rimplir : toi, il vaut mieux te charger que te remplir. Tu es vite chargé avec peu alors que pour te rassasier il t'en faut beaucoup (rapprocher du suivant)

 

Ch'ti-là, vaut miux l'inviter au cinéma qu'au restaurant ! ou bien Vaut miux l'avoir in photo qu'à s'tape !(rajout de Raymond)

 

T'pindule al queur après l'quinzaine : ta pendule court sus au jour de quinzaine. Ta pendule n'est pas à l'heure ; elle avance beaucoup. Elle semble pressée d'arriver au jour de paie (dans les mines : tous les 15 jours, d'où le nom). Beaucoup de ménagères endettées attendaient le jour dit « de quinzaine » pour payer leurs dettes et.en faire à nouveau (in dijot, « payer à l'quinzaine », les dettes étant notées sur un carnet -rajout de Raymond)

 

Ch'est toudis ch'bébête qui broute : c'est toujours le moins malin qui joue le rôle le moins intéressant.

 

El père ed'tin grand-père i n'a jamais piché dins la Garonne : le père de ton grand-père n'a jamais pissé dans la Garonne (forme affirmative). Ton arrière-grand-père n'a jamais pu quitter son village, ni n'a pu se libérer de la terre à laquelle il  était attaché. Il en sera de même pour toi. C'est le propos que tient un homme mûr à un jeune homme qui se croit plus malin que les autres.

 

Ete al'poupoule : ne plus avoir un sou vaillant devant soi

 

Danser ed'vant ch'buffet : le buffet est vide, rien à manger ; prenons la vie du bon côté malgré tout !

 

Après ch'timps-chi, in n'éra d'l'aute : après ce temps on en aura de l'autre. Tout comme le temps change, l'humeur des gens change elle aussi.

 

Tiens donc ! T'v'la arvenu din ches fosses ? : tiens donc te voilà revenu au pays ? Sous-entendu : « Tes courses vagabondes ne t'ont donc rien rapporté que tu sois obligé de revenir travailler à la fosse .ou au village.

 

Du sang ch'est pont d'el l'ieau ( ou d'l'inque): du sang ce n'est pas de l'eau ou de l'encre. On sait bien d'où on vient. Tel père, tel fils.Tels parents, tels enfants. Bon sang ne saurait mentir.

 

Té t'arcaches misères : Tu te cherches de nouveau des misères. En agissant comme tu le fais, tu ne récolteras que des embarras, des misères.

 

T'arpass'ras par min gardin : tu repasseras par mon jardin. Si tu te conduis mal avec moi, à l'avenir tu recroiseras mon chemin. Autrement dit : « prends garde à toi » (voir le suivant)

 

I n'a rin qui passe sans qui rapasse : il n'y a rien qui aille dans un sens qui ne revienne en sens contraire. En toutes choses il faut considérer les suites.

 

Duch'min à ch'burre, el vaque al rue ( ou bien, al va t'incorner): doucement au beurre, la vache rue. Servons-nous du beurre avec parcimonie car notre vache est nerveuse et ne produit pas autant de lait que d'habitude. Il faut bien trouver un prétexte pour que tout un chacun économise le beurre, denrée rare quand il n'y a qu'une vache pour subvenir aux besoins de la cuisine et des repas.

 

Té vas avoir ein'mornif : tu vas recevoir une gifle.mais la gifle ne tombait jamais !!

 

 

Deux autres donnés par mon père Abel LUGEZ :

 

Ch'ti qui va al'ducasse, i perd es'plache : qui va à la chasse perd sa place.

Pus qu'in armue du brin, pus qu'cha pue : plus on remue le caca plus ça pue. Plus on évoque le mal, plus on en souffre.

 

Recueillis par Thérèse DORNIER et annotés par Raymond

 

 Les dictons de Françoise

Françoise, une chti exilée à Paris, se bat comme un beau diable pour diffuser notre chti auprès des Parisiens: elle nous a transmis quelques dictons et un poème sur son grand-père à lire dans les pages Hommages

 Les dictons de