I Nom,
Formation, Situation, Limites, Superficie.
Le département du Nord doit son nom à sa situation, car il occupe
l'extrémité septentrionale du territoire français. Il fut formé, en
1790, de territoires appartenant à trois des pays qui constituaient
l'ancienne France. La FLANDRE Française, dont Lille était la capitale,
fournit à lui seul près de la moitié du département actuel ; le HAINAUT
Français contribua pour plus d'un tiers, le CAMBRéSIS pour le sixième
environ. Par sa situation, ce département est le plus septentrional de
la France. Plusieurs de ses communes se trouvent au nord du 51ème degré de
latitude, c'est-à-dire dans la même position que le midi de l'Angleterre,
le nord de la Belgique, le centre de l'Allemagne et le sud de la Pologne.
Lille, son chef-lieu, est à 150 kilomètres au nord-est de Paris, capitale
de la France, à 109 de Bruxelles, capitale de la Belgique ; de Lille à
Londres, capitale de l'Angleterre, il n'y a guère plus loin que de Lille à
Paris. Le département du Nord est borné au septentrion par la mer du
Nord, mer qui est comprise entre l'Angleterre et l'Écosse, la France, la
Belgique, la Hollande, l'Allemagne, le Danemark et la Norvège ; à l'est,
il confine à la Belgique, au sud aux départements de l'Aisne et de la
Somme, à l'ouest au département du Pas-de-Calais. Ses frontières sont
généralement conventionnelles, excepté au nord et au nord-ouest : au Nord,
il a pour limite la mer sur 34 kilomètres ; au nord-ouest, le cours de
l'AA le sépare sur 24 kilomètres du département du Pas-de- Calais. Sa
superficie est de 568,087 hectares. Sous ce rapport, le département du
Nord est le soixantième département de la France : en d'autres termes,
vingt-neuf seulement sont plus petits. Sa plus grande longueur du
nord-ouest au sud-est est en ligne droite de près de l90 kilomètres :
c'est la plus longue ligne qu'ont puisse tracer en France dans l'intérieur
d'un département. La plus grande largeur, environ 88 kilomètres, se trouve
dans le sud, à peu près à la hauteur du Quesnoy ; la plus petite, vers
Armentières, n'est que de 6 kilomètres, et le département, dont la forme
est extrêmement singulière, se divise en réalité en deux territoires
réunis par une espèce d'isthme qui pourrait s'appeler isthme
d'Armentières, du nom de la principale ville voisine de cet étranglement.
Le territoire du Nord-Ouest comprend les deux arrondissements de Dunkerque
et d'Hazebrouck ; les arrondissements de Lille, Douai, Valenciennes,
Cambrai, Avesnes forment le second territoire, qui comprend le centre et
le sud du département. Le pourtour est du 600 kilomètres en nombres ronds,
les petites sinuosités non comprises.
II Physionomie
Générale.
Le département du Nord se partage en deux régions très différentes de
nature et d'aspect : la Flandre et les Ardennes. La Flandre comprend le
nord et le centre du département. Ont peut la considérer comme
s'arrêtant à la rive gauche de l'Escaut ; elle couvre donc les
arrondissements de Dunkerque, Hazebrouck, de Lille, de Douai et une partie
de celui de Valenciennes, ce qui fait environ les trois cinquièmes du
territoire. La France a des contrées aussi fertiles, mais elle n'est a pas
d'aussi productive, d'aussi bien cultivées, ni d'aussi peuplées, en
exceptant toutefois le département de la Seine auquel Paris donne une
densité de population exceptionnelle. La présence de la houille, qui se
trouve dans le sous-sol de 60000 hectares, a permis à l'industrie d'y
prendre un développement égal à celui de l'agriculture, aussi la Flandre
est-elle comme une immense ville dont les quartiers seraient tantôt
séparés par des champs admirablement soignés, tantôt reliés par des
groupes d'usines que dominent de hautes cheminées. Mais, autant ce pays
est riche, autant il est monotone : les collines y manquent presque
partout, les forêts y sont rares, les rivières lentes, canalisées,
noircies par le charbon de terre, les détritus des usines, les immondices
des cités, la campagne n'a d'autre élément de variété que la prédominance
de telle ou telle culture, de telle ou telle espèce d'arbres autour des
fermes et sur la berge des chemins et des canaux. Ce sont toujours les
mêmes Villes, les mêmes bâtiments industriels, les mêmes vallons effacés,
le même aspect, du premier plan jusqu'à l'horizon. La Flandre est peu
élevée au-dessus du niveau de la mer, surtout dans le nord du département,
entre les collines de Cassel et les dunes du littoral de dunkerque : là
s'étendent au loin sur 40,000 hectares, des terrains à peu près de niveau
avec l'océan, dont ils furent autrefois un golfe. Ce golfe, il y a mille
ans, se changea en marais. Aujourd'hui, ces 40,000 hectares sont une des
plaines les plus fécondes du pays, mais, si l'on négligeait les. digues et
les canaux innombrables qui les mettent à l'abri de l'invasion des eaux,
ils ne tarderaient pas à redevenir marécages. C'est précisément à la
lisière méridionale de ces terres les plus basses de la Flandre que se
dressent les collines les plus hautes de la région, le mont de Cassel, le
mont des Cats, le, mont Noir. Ils n'ont que 175, 138 et151 mètres
d'altitude, autrement dit d'élévation au-dessus de la mer ; mais, comme:
ils n'ont ni voisins, ni rivaux et qu'ils s'élancent du milieu de plaines
extrêmement plates, ils offrent une telle importance, qu'on leur pardonne
leur nom de montagne, bien qu'ils ne méritent que celui de coteaux. de
leur cime, le regard, que rien ne contrarie, embrasse un immense horizon
sur la France et sur la Belgique. Les autres collines du pays de Flandre
sont insignifiantes. Rarement elles atteignent 50 mètres d'altitude. A
partir de la vallée de l'Escaut, le sol se relève dans la direction du
Sud-Est, il s'accidente, les coteaux se redressent et se boisent, les
vallons se creusent, on entre dans les Ardennes, massif de petite
montagnes et de plateaux qui couvre le sud de la. Belgique et donne son
nom à un département français presque limitrophe des cantons sud-est du
Nord. L'arrondissement d'Avesnes, qui appartient en entier à la région des
Ardennes, ne ressemble en rien à la portion centrale et septentrionale du
département auquel il a été rattaché. Au lieu d'être monotone, mais
admirablement cultivé, opulent, extrêmement peuplé, il est pittoresque,
mais comparativement peu riche, avec peu d'habitants. Il possède à lui
seul plus de la moitié des bois que renferme le territoire départemental,
28,500 hectares sur 49,000. Ses deux plus belles forêts sont la forêt de
Trélon (3,300 hectares) près d'Avesnes, et la forêt de Mormal (9,200
hectares) près de Landrecies. C'est dans son canton le plus méridional, le
canton de Trélon, que se dresse le sommet culminant du Nord, le bois de
Saint-Hubert, qui atteint 266 mètres. Il faudrait donc quadrupler la
hauteur du Beffroi de Dunkerque, et ajouter encore 26 mètres, pour bâtir
sur le bord de la mer un belvédère aussi élevé que la colline de
Saint-Hubert : celle-ci touche tout à fait à la Belgique ; Anor en est le
village le plus voisin. Au sud de la Flandre, à l'ouest des Ardennes,
les collines de l'arrondissement de Cambrai, hautes généralement de 100 à
150 mètres, vont se réunir au plateau de l'Artois et de la Picardie.
III Cours d'eau.
Le département du Nord se divise en plusieurs bassins ; en d'autres
termes, ses eaux se versent dans des fleuves qui les mènent à la mer par
des voies différentes ainsi les eaux de la commune d'Anor vont passer
devant les quais de Rouen et tomber dans la Manche; celles de Fourmies,
commune voisine, vont passer devant Liége, et s'engloutissent dans la mer
du Nord. Les bassins qui se partagent le Nord sont, par ordre
d'importance le bassin de l'Escaut, celui de la Meuse, celui de l'Yser,
celui de l'Aa, celui de la Seine. Les quatre premiers portent leurs eaux à
la mer du Nord, le dernier les porte à la Manche. Le bassin de l'Escaut
embrasse plus des deux tiers du département; il s'étend sur les
arrondissements entiers de Cambrai de Valenciennes, de Douai, de Lille et
sur une grande partie de ceux d'Avesnes et d' Hazebrouck. l'Escaut
prenait autrefois sa source dans le cimetière du village de Beaurevoir. A
la suite de transports de terrains qui gênèrent la marche des eaux dans le
vallon de Beaurevoir, la fontaine d'ou sort le fleuve se porta à trois ou
quatre kilomètres plus bas, à l'abbaye du Mont-Saint-Martin, tout près du
Catelet, chef-lieu de canton du département de 1'Aisne. Après 7 kilomètres
de cours, 1'Escaut entre, au-dessus de Haunecourt, dans le territoire du
Nord, où il baigne beaucoup de riches villages et plusieurs villes
Marcoing, Cambrai, Bouchain, Valenciennes, Condé. Au-dessous de Mortagne,
il quitte la France pour la Belgique, arrose Tournay, Audenarde, Gand,
Termonde, Anvers. Devant cette ville, c'est déjà un large cours d'eau
portant les plus grands navires. En aval, il se transforme en un vaste
estuaire, puis se divise en deux golfs 1'Escaut occidental et l'Escaut
oriental, séparés par les deux îles de Bevcland et l'île de Walcheren.
l'Escaut se dirige du sud au nord abstraction faite de nombreux
circuits qui portent son cours à 350 kilomètres environ, dont 100 en
France. Sa pente est faible, car il prend sa source a une hauteur peu
considérable au-dessus de la mer, à 90 mètres seulement, et comme il
parcourt un long trajet de son origine à l'Océan, sa vallée est peu
inclinée de l'amont à l'aval. Aussi a-t-il été rendu aisément navigable.
Il porte bateau à partir de Cambrai. Les principaux tributaires de
1'Escaut dans le Nord sont 1'Eauette, 1'Erclin, la Sensée, la Selle,
1'Ecaillon, la Rhonelle, la Hayne, la Scarpe. En Belgique, à Gand, il
reçoit une rivière qui a traversé le département, la Lys.
l'Eauette prend sa source à la fontaine des Pierres et tombe
dans 1'Escaut (rive gauche) à Marcoing, après un cours de 2 kilomètres
seulement.
l'Erclin sort de terre à Troisvilles et se perd dans 1'Escaut à
Iwuy (rive droite) . Son cours est de 50 kilomètres.
La Sensée vient du département du Pas-de-Calais, où elle nait à
quelques kilomètres au nord de la ville de Bapaurne, et où elle a plus des
deux tiers de son cours, long de 60 kilomètres. Dans le département du
Nord, elle prête sa va11ée à un canal navigable qui a pris le nom de canal
de la Sensée, et qui relie la ville de Douai au fleuve d'Escaut. Elle
traverse Bouchain et s'engloutit dans 1'Escaut, sur la rive gauche, à1
kilomètre au-dessous de cette ville.
La Selle a son origine dans le vallon de Molain (département de
1'Aisne) ; elle entre bientôt dans le département du Nord, y baigne deux
villes, le Cateau et Solesmes, et gagne 1'Escaut à Denain (rive droite).
Cours, 45 kilomètres.
l'écaillon sort de la forêt de Mormal, passe à 2 kilomètres au
sud des murs du Quesnoy et tombe dans 1'Escaut (rive droite) en aval de
Thiant, aprês un parcours de 30 kilomètres.
La Rhonelle a la même longueur que l'Ecaillon; elle sort comme
lui de la forêt de Mormal et passe aussi au pied de la colline du Quesnoy,
à 1 ki1ometre environ au nord-est. Elle traverse Valenciennes et s'y perd
dans l'Escaut (rive droite).
La Hayne a sa source et presque tout son cours dans la Belgique,
où elle traverse 1'importante ville de Mons; sur une longueur de 80
kilomètres, 5 ou 6 seulement appartiennent à la France. Cette rivière se
jette dans 1'Escaut sur la rive droite, à Condé.
La Trouille, tributaire de la Hayne, qu'elle rejoint à Mons,
commence à 3 kilomètres au nord de la station de Jeumont (canton de
Maubeuge) et passe en Belgique après 8 kilomètres de cours.
L'Honneau, qui se verse aussi dans la Hayne, à une petite
distance de Condé, a également sa source en France, dans le canton de
Bavai, et son cours inférieur en Belgique il reçoit l'Honnelle, qui se
forme dans la forêt de Mormal et traverse Blanc-Misseron.
La Scarpe arrive du département du Pas-de-Calais, dont elle
traverse le chef-lieu, Arras. Dans le département du Nord, elle baigne
Douai, Marchiennes, Saint-Amand, et se réunit à l'Escaut à 1 ,200 mètres
seulement en amont de l'entrée de ce fleuve en Belgique, après avoir
côtoyé comme lui la belle forêt de Saint-Amand (5,400 hectares). Cette
rivière, d'un cours total de 112 kilomètres, presque également partagé
entre les deux départements, coule dans une vallée naturellement
marécageuse, mais soigneusement desséchée. Elle est navigable et, comme
les autres rivières et les canaux de ce pays, elle transporte beaucoup de
houille.
La Lys, bien plus considérable que les autres affluents de
1'Escaut, appartient au département du Pas-de-Calais par sa vallée
supérieure, à la Belgique par sa vallée inférieure. Elle n'a dans le Nord
que son cours moyen. Née à Lisbourg, à 5 kilomètres au nord-ouest
d'Heuchin, au pied de collines de 150 à 185 mètres, elle est déjà
navigable quand elle commence à toucher le département au-dessous d'Aire.
Les villes du Nord qu'elle côtoie ou traverse sont Merville, Estaires,
Armentières. En Belgique, elle passe à Menin, à Courtrai et finit à Gand.
Sur 205 kilomètres de cours, détours compris, elle n'en a pas tout à fait
100 en France.
La Clarence, la Lawe, venue de Béthune, sont deux rivières du
département du Pas- de-Calais qui n'appartiennent au département du Nord
que par l'extrémité intérieure de leur cours et par leur embouchure dans
la Lys, la première, près de Merville, la seconde, près d'Estaires. Un
troisième affluent de la Lys, la Deule, partage à peu près son cours de 80
kilomètres entre les deux départements. Elle commence à 10 ou 19
kilomètres au nord d'Arras, dans le Pas-de-Calais, sous le nom de Souchez.
Au-dessous de Lens, elle prend le nom de Feule. Dans le Nord, où elle est
navigable, elle baigne Haubourdin, Lille, le Quesnoy, et s'achève à
Deulemont.
La Meuse est un fleuve de 800 kilomètres de
longueur qui naît en France, passe en Belgique et se termine en Hollande,
au nord des embouchures de l'Escaut, après avoir mêlé ses eaux aux flots
bien plus abondants du Rhin. En France, elle traverse Verdun, Sedan et
Mézières; en Belgique, Namur et Liége; en Hollande, Maëstricht et
Rotterdam. Elle ne touche pas le département du nord; mais un de ses
tributaires les plus considérables, la Sambre, coule un instant dans
l'arrondissement de Cambrai, puis coupe en deux celui d'Avesnes.
La Sambre sur 180 kilomètres de parcours, en a 126 en France.
Ses premières fontaines jaillissent dans le département de l'Aisne, dans
la forêt de la Haye-Equiverlesse, qui fait suite à la grande forêt de
Nouvion et que portent des collines de 200 à 220 mètres. Arrivée dans le
département du Nord, elle devient navigable à Landrecies, passe à
Berlaimont et sous les remparts de Maubeuge, et sort de la France pour
entrer en Belgique à Jeumont. En Belgique, elle baigne Charleroi et se
perd dans la Meuse à Namur. Les principaux tributaires de la Sambre, dans
le Nord, sont la Petite-Helpe, la Grande-Helpe, la Solre.
La Petite-helpe, dont le cours est de 42 kilomètres, vient des
bois d'Anor, qui touchent à la Belgique. Elle a son embouchure sur la rive
droite de la Sambre, à 5 kilomètres au-dessous de Landrecies.
La Grande-Helpe, longue de 54 kilomètres, prend sa source en
Belgique. Elle coule au nord de la forêt de Trélon. Passe à Avesnes et
débouche dans la Sambre, sur la rive droite, à 3 ou 4 kilomètres au-dessus
de Berlaimont.
La Solre se forme sur la frontière belge. Ce n'est encore qu'un
ruisseau insignifiant quand elle arrose Solre-le-Château. Elle gagne la
Sambre par la rive droite, à 5 kilomètres en aval de
Maubeuge.
l'Yser, affluent direct de la mer du Nord, naît à
8 ou 10 kilomètres au nord-est de Saint-Omer. Son cours en France est de
32 kilomètres, son cours on Belgique de 50. Il a son embouchure au-dessous
de Nieuport, entre Dunkerque et Ostende. Un de ses tributaires français,
la Peene Becque, passe au bas de la colline de Cassel et à
Wormhoudt.
l'Aa, français dans tout son cours, gagne aussi
directement la mer du Nord; long de 80 kilomètres, il appartient surtout
au département du Pas-de-Calais: il y a sa source au sein de collines de
200 mètres d'altitude, il y baigne Saint-Omer où il devient navigable,
enfin sa rive gauche n'abandonne pas ce département, car, pendant les 24
kilomètres que l'Aa parcourt dans le Nord, il n'en dépend qu'à moitié, il
lui sert seulement de limites contre le Pas-de-Calais. Au-dessous de
Saint-Omer, l'Aa canalisé arrose un ancien marais qu'un échiquier de
digues a transformé en une vallée toujours humide, mais très fertile.
c'est en aval de Gravelines que ce petit fleuve atteint
l'Océan.
La Seine, le fleuve de Paris et de Rouen, coule
bien loin du Nord, mais un de ses plus grands affluents, l'Oise, arrivant
de Belgique, sépare pendant 5 kilomètres le territoire départemental de la
grande forêt de Saint-Michel, qui dépend du département de l'Aisne. Dans
cette portion de son cours, l'Oise, voisine de sa source, n'est encore
qu'un ruisseau.
IV Climat.
Malgré son nom, le département du Nord n'est pas exposé à de grands
froids. Le voisinage de la mer, l'absence de mon-tagnes y rendent l'hiver
très supportable, et, pendant la moitié de l'année, il y fait plus chaud
que dans les vallées élevées et sur les plateaux de plusieurs départements
du centre, de l'est et même du midi. La mauvaise saison s'y fait sentir en
pluies plus qu'en neige et en glace; elle n'en est pas moins désagréa-ble.
Le printemps y est court, l'été tempéré et inconstant, l'automne
généralement beau. A Lille, la température moyenne de l'année est de 9°
7, c'est-à-dire qu'elle est inférieure d'environ un degré à celle de
Paris. Le nombre des jours de pluie y est de 160 à 170, mais la quantité
de pluie totale n'est pas très-considérable; si toute l'eau tombée du ciel
restait sur le sol, la hauteur de la couche, à la fin de l'année, ne
dépasserait pas 572 millimètres, bien moins que la moyenne de la France
(770 millimètres). Cela tient à la rareté des pluies violentes, à la
fréquence des petites pluies fines. Dunkerque reçoit encore moins d'eau
que Lille, 310 millimètres seulement; mais, en inclinant au sud, on voit
s'augmenter la hauteur de la couche annuelle, qui varie entre 600 et 800
millimètres, dans les arrondissements de Cambrai, de Valenciennes et
d'Avesnes. Dans l'arrondissement d'Avesnes, qui est beaucoup plus élevé
que les six autres, les froids sont plus rigoureux, les chaleurs plus
fortes, le climat moins tempéré, moins séquanien, plus vosgien. On a
reconnu que sept climats règnent en France le climat vosgien, ou climat
des Ardennes, le cli-mat séquanien, ou climat de Paris, le climat
armoricain, le gi-rondin, l'auvergnat ou limousin, le méditerranéen ou
proven-çal et le rhodanien. Le climat vosgien est plus dur que le
séquanien, dont le caractère principal est l'absence de grands froids et
de chaleurs extrêmes.
V Histoire.
Formé, en 1790, de la Flandre française, du Cambrésis et de la partie
occidentale du Hainaut français, le département du Nord eut successivement
pour habitants les Celtes, puis les Ménapiens, les Morins, les Atrébates
et les Verviens, tribus germaniques, qui, mélangés aux Gallo-Romains, aux
Francs et plus tard pour une faible part aux Espagnols, ont donné
naissance à cette race rude, patiente, industrieuse qu'on appelle la race
flamande. Soumise, en 445, par Clodion, chef des Francs, cette contrée
échut à Clovis, après la mort violente de Ragnacaire roi de Cambrai
(507-511) . Elle fit naturellement partie du royaume d'Austrasie, lors des
partages des fils de Clovis (511) et des fils de Clotaire 1er (561). Le
duché de Flandre se constitue ensuite lentement sous la domination des
Lyderik, des Baudouin, ses premiers comtes. Les Normands apparaissent en
881 et saccagent Cambrai. En 953, une grande invasion hongroise traverse
le pays, brûlant les églises et massacrant les habitants. Le comte de
Flandre Arnoul le jeune, ayant refusé l'Hom-mage au roi de France, par
deux fois le pays est envahi, d'abord par Lothaire, fils de Louis
d'Outremer, qui s'empare de douai et y fait un butin considérable, puis
par Hugues Capet; aux malheurs de l'invasion viennent se joindre la
famine, la peste, la guerre civile, de sorte que la désolation de cette
mal-heureuse contrée est à son comble (964-1036). Quelques années de
tranquillité et de paix, sous les règnes de Baudouin V de bille, beau-père
de Guillaume le Conqué-rant et tuteur du roi de France, Philippe 1er
(1060), de Bau-douin VI de Mons, mirent un bien court intervalle aux
luttes qui ne firent plus qu'ensanglanter le pays (l036-1071). Une
bataille eut lieu à Cassel entre Arnoul, fils de Baudouin VI soutenu par
le roi de France, Philippe, contre son oncle et tuteur, Robert le Frison.
Ce dernier fut victorieux; il le fut encore, quelque temps après, à
Broqueroie, qu'on nomme aussi les Haies de ici mort ou les Bonniers
sanglants tant le combat fut meurtrier. Robert ravagea tout le territoire
en-tre Bouchain et Valenciennes; et, pour faire oublier son usur-pation et
ses guerres, il fonda des monastères, bâtit des églises, et fit un voyage
en terre sainte. Il s'allia avec l'empereur de Constantinople et mourut en
1098. l'ère des croisades commence et, suivant l'élan religieux qui
précipite vers l'Asie les peuples chrétiens, Robert II com-pagnon de
Godefroy de Bouillon, y prend une part très active. Son fils et
successeur, Baudouin, fait la guerre à Henri 1 er roi d'Angleterre, et,
blessé à la tête au siège d'Eu, il meurt en 1119. Son héritier et cousin
Charles de Danemark, dit le Bon, qui rétablit partout l'ordre et la paix,
refusa la couronne d'Occi-dent et de Jérusalem, et mourut assassiné en
1127. Guillaume Cliton, imposé par le roi de France Louis VI le Gros, les
deux Thierry d'Alsace, dont le dernier équipe une flotte à Dunkerque et
meurt au siège de Saint-jean d'Acre (1191), Baudouin de Hainaut, Baudouin
IX, élevé au trône de Constantinople et tué à la bataille d'Andrinople en
1205, précèdent la grande Jeanne, fille de ce dernier, qui contribua
puissamment à la prospérité et à la grandeur du comté. La ville de Lille,
deux fois détruite, fut deux fois relevée par elle. c'est sous son règne
que se livra la grande bataille de Bouvines, où Philippe Auguste défit
complètement l'armée de l'empereur d'Allemagne alliée aux
Flamands. Sous Marguerite, s'ur de la comtesse Jeanne, et son fils Guy
de Dompierre, la guerre avec la France continue; les villes flamandes
s'organisent en communes et s'affranchissent. De cette époque datent les
batailles de Courtrai (1302), où Robert d'Artois fut vaincu, de
Mons-en-Pevèle (1304), enfin le traité d'Athies, qui donne à la France les
villes de Lille, de Douai et d'Orchies (1512), et la fameuse bataille de
Cassel gagnée en 1328 par Philippe de Valois. Mais bientôt les villes
acquises par la France en furent sé-parées, en même temps que le duché de
Bourgogne. et, pen-dant plus de deux siècles, elles restèrent sous la
domination des Espagnols. En 1668 seulement, elles firent définitivement
retour à la France, par le traité d'Aix-la-Chapelle (1668), après la
campagne où Lille, assiégée par Louis XIV, fut forcée de capituler après
peu de jours de tranchée (1667). d'autres villes avaient eu des chances
diverses. Ainsi Dunkerque, après avoir été prise, reprise maintes fois par
les Français, les Flamands, les Espagnols, livrée à Cromwell après la
bataille (les Dunes (1658), où il nous avait donné du renfort, puis
rachetée par Louis XIV pour cinq millions de livres (1662), fut alors
fortifiée et devint l'une des villes et l'un des ports les plus importants
de France. Cambrai avait vu se former contre les Vénitiens la ligue qui
porte son nom, entre le pape Jules II, l'empereur Maximilien, Louis XII et
Ferdinand le Catholique (1508) et, en 1529, se signer la paix des
Dames. La guerre de succession d'Espagne ramena encore la lutte dans
cette partie de la France. Dunkerque fut bombardée par les Anglais en
1694. Le traité d'Utrecht exigea l'ensablement de son chenal et la
destruction de son bassin, Lille fut assiégée et prise après une défense
héroïque, dirigée par le maréchal de Boufflers (1708) , enfin le traité de
Bastadt en 1715 laissa en définitive à la France l'Artois, la Flandre
wallonne et le Hainaut. Avec la révolution française et 1792, la guerre
et l'invasion recommencent. Lille, bombardée pendant neuf jours et neuf
nuits, Landrecies, Valenciennes, Condé sont de nouveau as-siégées à
plusieurs reprises, enfin emportées et incorporées à la Belgique, à
l'exception de Lille, qui put résister et dont les canonniers
s'illustrèrent. Mais ce succès des armées alliées dura peu, et, dans
l'année 1795, les victoires d'Ypres et de HONDSCHOOTE en faisant lever le
siège de Dunkerque, nous rendirent les places que nous avions
perdues. En 1814 et 1815 jusqu'en novembre 1818, le département du Nord
revit les armées étrangères. En 1871, les Prussiens y firent une courte
apparition; mais ils furent repoussés dans leurs tentatives sur Cambrai,
et le général Faidherbe sut les maintenir à distance par son énergique
attitude et par la bonne tenue de ses troupes. Rappelons que c'est à
Maubeuge que fut établi en 1831 le quartier général de l'armée du Nord,
lors de la première expé-dition de Belgique, et que, en janvier 1833,
Louis-Philippe y passa en revue les troupes qui avaient participé au siège
de la citadelle d'Anvers.
VI Biographie.
Des personnages célèbres dans l'histoire, savants, artistes,
écrivains, sont nés dans le département du Nord Baudouin IX, comte de
Flandre, organisa la quatrième croisade (1202-1204) contre les infidèles.
Devenu empereur de Constantinople, il fut vaincu et mis à mort par
Joannice, roi des Bulgares (1206). fleuri VII, duc de Luxembourg
(1282-1515), empereur d'Allemagne, voulut rétablir l'autorité impériale en
Italie où il mourut subitement en bataillant contre le roi de
Naples. Jeanne de Flandre, femme du comte de Montfort, disputa
courageusement à Jeanne de Penthièvre la possession du duché de Bretagne:
cette lutte est appelée guerre des deux Jeannes. célèbres chroniqueurs
Froissart (1333-1410), Monstrelet (1390-1453) et Comines (1445-1509) ont
relaté dans un style clair, impartial et souvent naïf et enjoué, les
événements de leur époque. Jean de Bologne (1524-1608), sculpteur
célèbre, passa sa vie en Italie, où sont encore presque tous ses
chefs-d'?uvre. Jeanne Maillotte défendit Lille contre une attaque des
Hurlus, bande de pillards, et les repoussa d'un des faubourgs de cette
ville. Jean Bart (1651-1702), illustre marin, fit preuve, contre les
Anglais surtout, d'une intrépidité qui l'a immortalisé. Dunkerque, sa
ville natale, lui a élevé une statue. Antoine Watteau, peintre
(1684-1721), a produit un grand nombre de tableaux de genre, représentant
des scènes champêtres et riantes. La célèbre tragédienne Clairon
(1723-1803) joua au Théâtre-Français avec une rare perfection le rôle de
Phèdre, dans la tragédie du grand poète Racine. Madame d'Epinay
(1723-1783), femme auteur, fut liée sur-tout avec Jean-Jacques Rousseau
auquel elle fit construire, dans la vallée de Montmorency, une habitation
appelée l'Er-mitage et qui existe encore. Dumouriez (1739-1824),
général de la République, gagna les batailles de Valmy et de Jemmapes.
Mais, accusé par la Convention, à la suite de la défaite de Nerwinde, il
passa honteusement à l'ennemi, sans pouvoir entraîner avec lui son ar-mée
restée fidèle. Merlin dit de Douai (I754-1838) savant jurisconsulte et
homme politique, après avoir été membre de l'Assemblée Constituante et de
la Convention, ministre de la justice sous le Directoire, devint sous le
premier Empire conseiller, puis ministre d' Etat et membre de
l'Institut. Le maréchal Mortier (1768-1835), duc de Trévise, après
avoir fait avec éclat toutes les campagnes de la République et de
l'Empire, fut mortellement atteint par la machine infernale de Fieschi,
dirigée contre le roi Louis-Philippe. Enfin citons le sculpteur Bra ;
M. Wallon historien distingué, et M. de Saulcy, connu surtout comme
antiquaire, tous deux membres de l'institut.
VII Population,
langues, culte, Instruction publique.
La population du Nord s'élève, d'après le recensement de 1872, à
1,447,764 habitants (735,621 du sexe masculin,712,145 du sexe féminin). A
ce point de vue, c'est le second département. Le chiffre des habitants,
divisé par celui des Hectares, donne environ 245 habitants par 100
hectares ou par kilomètre carré; c'est ce qu'on nomme population
spécifique. La France entière ayant 69 à 70 habitants par kilomètre carré,
il en résulte que le Nord renferme, à surface égale, 175 à 176 habitants
de plus que l'ensemble de notre pays. Sous le rap-port de la population
spécifique, le Nord est le second département. Depuis 1801, date du
premier recensement officiel, le Nord a gagné 682,763 habitants. Le
département est habité par deux races d'habitants distinctes, l'une
d'origine tudesque, l'autre française de m?urs et de tempérament. la
première, qui occupe toute la portion du territoire située au nord de la
Lys, parle encore flamand; mais cet idiome recule chaque jour devant les
progrès du français. Presque tous les habitants du Nord sont
catholiques. Sur les 1,447,764 habitants de 1872, on ne comptait que 7962
protestants et 875 israélites. Le nombre des naissances a été en 1871
de 44,784 dont 2,286 mort-né; celui des décès de 48,319; celui des
mariages de 10,413 . La vie moyenne est de 36 ans 7 mois. Les deux
lycées ont compté en 1872, 983 élèves; les 15 collèges communaux, 2,699;
25 institutions secondaires libres, 3,649; 1,590 écoles primaires (en
1866), 199,306; 259 salles d'asile (en 1866), 41,937. Le recensement de
1872 a donné les résultats suivants
Ne sachant ni lire ni écrire 640,451 Sachant lire seulement
84,236 Sachant lire et écrire 715,837 Dont on n'a pu vérifier
l'instruction 7,240
Total de la population civile. 1,447,764
Sur 41 accusés de crimes, en 1865, on a compté:
Accusés ne sachant ni lire ni écrire 27 sachant lire ou écrire
imparfaitement 3 sachant bien lire et bien écrire 11
VIII Divisions
Administratives.
Le département du Nord forme le diocèse de Cambrai.
Il comprend 7 arrondissements (Lille, Douai, Dunkerque, Hazebrouck,
Avesnes, Cambrai et Valenciennes), 61 cantons, 661
communes.
Chef-lieu du département LILLE.
Chefs-lieux d'arrondissement DUNKERQUE, HAZEBROUCK, LILLE, CAMBRAI,
AVESNES, DOUAI, VALENCIENNES.
IX Agriculture.
Sur. les 568,087 hectares du département, on compte en nombres
ronds Terres labourables565,000
hectares, Bois56,000 Landes7,4U0 Prés95,000
Le reste se
partage entre les farineux, les cultures potagères,. maraîchères et
industrielles, les étangs, les emplacements de villes, de bourgs, de
villages, de fermes, les surfaces prises par a les routes, les cimetières,
etc. En nombres ronds, ou compte dans le département 100,000 chevaux de
belle race, ânes et mulets, 277,000 b?ufs, 184,000 moutons, près de 89,000
porcs, plus de 55,000 chèvres, 75,000 chiens. Le Nord est le premier
département agricole de la France.: La terre végétale , grasse et
profonde, y donne les produits les plus variés. La culture des céréales,
telles que le froment, le méteil, le seigle, l'orge, l'avoine, l'épeautre,
le sarrasin, etc., y est considérable. Les graines oléagineuses, colza,
navette, etc., transformées en huile dans le département, sont l'objet
d'un commerce très important. Les légumes secs se récoltent sur toute
l'étendue du territoire. Le lin alimente les nombreuses fabriques de toile
du pays. La betterave, cultivée surtout dans l'arrondissement de Douai,
subit dans des usines spéciales diverses opérations qui nous donnent le
sucre de betterave, analogue, sinon supérieur, au sucre de canne, fabriqué
seulement dans les pays chauds. Le Nord est l'un des départements où la
culture du tabac est autorisée. Une grande partie de la chicorée-café
consommée en France vient du département du Nord. Le pays ne produit pas
de vin et ne consomme guère que de la bière, confectionnée avec le houblon
du territoire, qui se cultive principalement dans l'arrondissement
d'Hazebrouck. Enfin de belles prairies naturelles ou artificielles servent
à élever une belle espèce bovine; de race flamande.
x Industrie.
Le Nord est le premier département industriel de la France. Près de
300 carrières de pierre, de marbre, de craie et de sable, ainsi que
plusieurs mines de fer (700 ouvriers), y sont en exploitation. Mais la
principale richesse du pays consiste dans ses mines de houille, dont une
grande partie appartient à la compagnie d'Anzin. Cette compagnie possède
sept concessions toutes situées dans l'arrondissement de Valenciennes. Le
nombre des ouvriers employés est de plus de 10,000 ; l'extraction annuelle
de la houille s'élève à 10 millions et demi d'hectolitres. Le Nord
compte une cinquantaine d'usines métallurgiques, parmi lesquelles il faut
citer la fonderie de canons de Douai, qui peut produire chaque année 400 à
500 bouches à feu; les usines de Valenciennes (fonderies, forges,
laminoirs, tréfileries), où les usines Cail et Cie de Paris ont une
succursale; les forges et fonderies de Dunkerque, la manufacture de limes
et d'instruments aratoires de Douai, l'important établissement
métallurgique de Raismes, etc. La filature et plus active dans le
département du Nord que partout ailleurs en France A Lille et dans sa
banlieue seulement, ou compte 206,000 broches (80 fabriques; 6,000
ouvrières) pour la filature du lin et des étoupes, et 413,000 broches à
filer le coton (7,000 à 8,000 travailleurs). La filature de lin et
fabrique de toile à voiles de MM. Dickson et Cie à Dunkerque occupe 750
ouvriers. Au Cateau-Cambrésis, l'importante filature de MM. Seydoux,
Paturle et Cie emploie I ,500 ouvriers. Roubaix compte 70 filatures de
laine, 12 de coton et d'autres de soie ; Tourcoing, 65 filatures en tout
genre (40,000 broches). Depuis quelques années, à la filature de lin est
venue s'ajouter la filature de jute, matière textile que l'on tire de
l'Inde et qui alimente aujourd'hui dans le département du Nord plus de 21
,000 broches. La société générale de filatures et tissages de Lille, créée
par M. W. D. Banter, occupe à elle seule près de onze mille ouvriers,
compte 7,000 broches et 215 métiers à tisser. La fabrication des tissus
en tout genre est considérable, surtout à Roubaix (500 fabriques), à
Tourcoing (50 à 55 fa-briques de tapis moquettes, étoffes pour
ameublement, etc.), à Lille (une vingtaine d'usines), Halluin, etc. La
confection des toiles est le privilège d'Armentières, qui en retire 150
millions par an, et de Lille, où 7 maisons font fabriquer la toile
ordinaire, les rubans, les coutils, le linge damassé, et 25 maisons, les
toiles à matelas et d'emballage. Cambrai et Valenciennes ont la
spécialité des linons, batistes, toiles fines, tulles et dentelles. A
Cambrai, cette dernière industrie donne un produit annuel de 10 millions
de francs; à Douai, elle occupe 400 ouvrières. La filtrie, ou
fabrication des fils pour couture, occupe 4,000 à 5,000 ouvriers dans
une quarantaine de fabriques. Presque tous les autres genres
d'industrie sont représentés dans le département ; la seule énumération en
serait fasti-dieuse. Ou y compte surtout de très nombreuses sucreries et
distilleries, près de 1,000 brasseries, des huileries, des tein-tureries,
des savonneries, des chantiers de construction, des teintureries, des
verreries, etc.
XI Commerce,
chemins de fer, routes.
Le département exporte, outre les produits variés de ses nombreux
établissements industriels des céréales ; des fruits, des tourteaux, des
oeufs, des légumes et du beurre pour l'Angleterre; des bois de
construction, des lins teillés du pays et de la Belgique, des huiles et
graines de colza, etc. Il importe du sel, du vin, des fruits ; des
plombs de l'Espagne et du Portugal, des soufres de la Sicile, des bois de
mâture et de construction de la Suède et de la Norvège; du jute en
quantité considérable pour l'alimentation des 21,500 broches employées à
filer cette matière textile; du lin, du suif et de la potasse de la
Russie, etc., et de la houille. En 1864, le Nord a consommé 25,020,700
quintaux métriques de houille dont les deux cinquièmes environ provenaient
de Belgique et d'Angleterre. Le département du Nord est peut-être le
département où les chemins de fer sont le plus nombreux. On en compte 17
d'un développement total de 532 kilomètres. 1° Le chemin de fer de
Paris à Dunkerque entre dans le département du Nord près de Thiennes. il
dessert Thiennes, Steenbecque, Hazebrouck, Cassel, Arnêke, Esquelbecq,
Bergues et Dunkerque. Son parcours dans le département est de 52
kilomètres. 2° Le chemin de fer de Lille à Béthune et à
Bully-Grenay passe aux stations de Loos, Haubourdin, Santes, Wavrin,
Don, Marquillies, et à celle de la Bassée au delà de laquelle il entre
dans le département du Pas-de-Calais, après un développement de 21
kilomètres. 3° Le chemin de fer de Lille à Valenciennes, long de 46
kilomètres, dessert Lesquin, Fretin, Templeuve, Orchies, Rosult,
Saint-Amand, Raismes et Valenciennes. 4° La ligne de Paris à Bruxelles
par Douai et Valenciennes quitte le département du Pas-de-Calais pour
pénétrer dans celui du Nord à 4 kilomètres environ au delà de la station
de Vîtry (Pas-de-Calais). Elle a pour stations Douai, Montigny, Somain,
Wallers, Raismes, Valenciennes et Blanc-Misseron. Elle entre en Belgique à
1 kilomètre environ de cette dernière station, après un parcours de 51
kilomètres. 5° Le chemin de fer de Lille à Calais sort du Nord à 6
kilomètres au delà d'Ebblinghem, après un parcours de 61 kilomètres,
pendant lesquels il dessert Pérenchies, Armentières, Steenwerck, Bailleul,
Strazeele, Hazebrouck et Ebblinghem. 6° Le chemin de fer de Douai à
Mouscron (Belgique) par Lille relie entre elles les stations de Douai, le
Forest, Carvin, Phalempin, Seclin, Lille, Roubaix et Tourcoing. La voie
pénètre en Belgique à 2 kilomètres de cette dernière ville, après un
parcours de 45 kilomètres. 7° l'embranchement de Lille à Tournai n'a en
France que deux stations, Ascq et Baisieux. 2 kilomètres plus loin il
entre en Belgique, après 14 kilomètres de parcours. 8° Le chemin de fer
de Lens à Lille se raccorde avec la ligne de Douai à Lille, presque
immédiatement après son entrée dans le département (Voyez ci-dessus,
6°). 9° La ligne de Tergnier à Erquelines entre dans le Nord près de
Busigny, dessert Busigny, le Cateau, Landrecies, Aulnoye, Hautmont,
Maubeuge et Jeumont. 2 kilomètres plus loin, il passe en Belgique, après
un parcours de 60 kilo mètres. 10° Le chemin de fer de Somain à
Busigny, long de 51 kilomètres, passe à Lourches, Bouchain, Iwuy, Cambrai,
Catte-nières, Caudry, Bertry et Busigny. 11° Le chemin de fer
industriel de Somain à Anzin (18 kilomètres) dessert Abscon, Escaudain,
Denain, Hérin. Saint-Vaast et Anzin. 12° La ligne de Maubeuge à Mons
entre en Belgique à 3 ki-lomètres de Feignies, son unique station en
France (8 kilomètres de longueur). 13° Le chemin de fer d'Aulnoye à
Hirson a pour stations Dompierre, Avesnes, Sains, Fourmies et Anor. Il
entre dans le département de l'Aisne à 2 kilomètres d'Anor. Sa longueur
dans le Nord est de 55 kilomètres. 14° Le chemin de fer d'Anor à
Chimay, qui n'a pas de station dans le Nord, atteint la frontière belge à
5 kil. d'Anor. 15° Le chemin de fer d'Hazebrouck à Poperinghe dessert
Caëstre, Godewaërsvelde et (16 kilomètres) l'Abeele, station douanière
située sur la frontière belge. 16° La ligne de Dunkerque à Furnes passe
en Belgique à 14 kilomètres de Dunkerque, au delà des stations du
Roosen-dael et de Ghyvelde. 17° Le chemin de fer de Valenciennes à
Aulnoye (35 kilo-mètres) passe à Artres et au Quesnoy. d'autres chemins
de fer sont en construction ou concédés, tels que celui de Saint-Omer à
Gravelines, de Tourcoing à Menin et à Ypres, etc. Les voies de
communication comptent 9,904 kilomètres, savoir :
17 chemins de fer
(1873) 559 kil. 15 routes nationales (1872) 592 kil. 26 routes
départementales (1872) 2 Kil.
4,604 chemins Vicinaux
(1872)
79 de grande communi-cation 858 Kil. 125 de moyenne
commu-nication 7491/2 Kil. 4,490 de petite communication 6,107 1/2
Kil.
8 rivières navigables + 20 canaux 524 1/2
Kil. |