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Le
Castel de Zuthove
Situé à la limite du comté de Flandre, le bourg fut tôt fortifié et protégé par
un château dès le 12ème. Brûlé par les troupes du duc de Gloucester en 1436, le
château fut reconstruit à la fin 15ème, agrandi au 17ème, transformé au 18ème.
Le vieux château fut en partie reconstruit sous la Restauration, incendié en
1944 et récemment restauré, il est plus connu sous le nom de château de Philippe
de Commynes. Sur le même territoire se trouvait la seigneurie de Zuthove qui
appartenait au 15ème aux Cornhuse qui construisirent un manoir de type flamand ;
la seigneurie et le château passèrent à la fin 18ème aux Ranst qui le
restaurèrent. A la Woestyne, se trouvait jusqu'à la Révolution une abbaye de
cisterciennes.

Sire Philippe de Commynes d'Argenton (1447 -
1511)
(de Colart van den Clyte, seigneur II de
Renescure)
Fils
de Colart van den Clyte (Colart II, seigneur de Renescure) et Marguerite d'
Armuyden

Philippe van den Clyte, seigneur de
Commynes, servit le duc de Bourgogne Charles le Téméraire en qualité de
chambellan avant de prendre le parti de son rival, le roi de France Louis XI.
Ayant sauvé la mise du roi lors de l'entrevue de Péronne, il en fut récompensé
par le titre de sénéchal de Poitou et quantité de richesses.
Après une
brève disgrâce sous la régence d'Anne de Beaujeu, fille de Louis XI, il servit
encore Charles VIII et se retira sur ses terres à Argenton-sur-Creuse, où il
écrivit ses Mémoires, qui constituent une source irremplaçable d'informations
sur les règnes de Louis XI et Charles VIII.
De ces Mémoires en forme de
traité de morale politique est extraite la formule ci-dessus appelée à devenir
un proverbe. Elle illustre une morale politique proche de celle de Machiavel.

Renescure
- Castel
de Zuthove
- Château
de M.
de Ranst
(photo
1943)

Description
du Castel
Sur la porte
d'entrée on peut lire la date de 1472.
Pour pénétrer actuellement dans le
château, il faut franchir un pont de bois qui enjambe les douves (celles-ci
ceinturent entièrement le château). Ce pont est situé latéralement vers
l'arrière. Autrefois, l'entrée se faisait par un pont de pierre, aujourd'hui
désaffecté, placé en regard de la façade principal.
Pont
et porte
pour
accéder
au Castel

Photos
archives
Famille
Bailleul
- C.Virion
(Les
visages
ont
été
brouillés
volontairement)
Le plan d'ensemble de
l'édifice dessine un carré dont 3 des angles sont flanqués d'une tour
circulaire.
Vers l'arrière, un rentrant a été marqué et il est comblé
partiellement par une autre tour. Un bâtiment annexe, de plan rectangulaire,
est accôté à la façade latérale qui regarde vers le pont d'accès en bois.
L'oeuvre a été réalisée en briques, mais les encadrements des baies sont en
pierre blanche. Son architecture est simple et ordonnée : le souci de la
défense n'a pas été la préoccupation qui a guidée le constructeur.
Les
trois tourelles d'angle sont élégantes et elles se terminent par des poivrières.
A l'intérieur, elles enferment des escaliers à vis.
L'originalité de cet
édifice est dûe au fait que ses 4 façades présentent des pignons à
pas-de-moineaux du type de ceux que l'on rencontre fréquemment aux maisons et
aux hôtels en Flandre et sur les rives de la Baltique à la fin du Moyen Age et
au début de l'époque moderne.
La façade principale, limitée par deux
tourelles, présente deux niveaux. Au centre s'ouvre la porte coiffée d'un arc
surbaissé, mais encadrée d'un arc brisé, ce qui ménage un tympan meublé par un
culot feuillagé soutenu par un marmouset et une niche actuellement occupée par
une statue de la Vierge.
La fenêtre supérieure percée dans le pignon est
rectangulaire, mais coiffée d'un arc légérement surbaissé reposant sur deux
culots dont les rampants feuillages enserrent un écu et une couronne eux-même
terminés par un fleuron. L'ensemble de cette composition n'est pas dépourvu
d'allure. De part et d'autre, la façade est éclairée à chacun de ses 2
niveaux par une fenêtre dont l'archivolte dessine un arc surbaissé. Au dessus de
ces percements, au niveau de la toiture à pente simple, une lucarne éclaire les
combles.
L'importance de ces baies souligne pleinement que le château n'a
pas été conçu pour la défense mais pour servir d'habitation, une habitation que
l'on a voulu plaisante et agréable.
Les tourelles ont été percées de
quelques petites ouvertures légèrement ceintrées. Elles sont plus hautes d'un
étage que le corps principal du bâtiment
La façade latérale droite, elle
aussi campée entre deux tourelles, est dissymétrique :
- A gauche, elle
offre un pignon, dont la partie basse se trouve raccordée à la tourelle voisine
par une autre petite tourelle engagée terminée par une série de merlons et de
créneaux. Ce pignon est percé de trois fenêtres superposées présentant les mêmes
caractéristiques que celles de la façade principale.
- Vers la droite,
le bâtiment est éclairé par deux baies et une lucarne. Une toiture à double
rampant le couvre.
La façade arrière est plus mouvementée puisqu'elle
présente de gauche à droite : - la tourelle d'angle - un pignon - un
grand rentrant où se loge une tourelle plus haute que les autres - enfin un
nouveau saillant correspondant au bâtiment bas abritant les cuisines associé à
la façade latérale regardant vers le pont en bois.
Ce château, de type
féodal de par son plan, la présence de douves, sa position près de l'église,
annonce en même temps celui de l'époque moderne : il a été dépourvu de
pont-levis, ses façades sont largement percées.
Son constructeur lui a
imprimé des caractéristiques nettement flamandes : l'utilisation de la brique et
des pignons en pas-de-moineaux notamment. Il a su aussi jouer des effets de
contrastes de couleurs dans ses encadrements de fenêtres et celui de la porte
principale en faisant alterner la pierre et la brique.
(Source du texte
: internet
- divers)

Notes
personnelles
liées
au Castel
de Zuthove
"A
partir de l'été
1942, beaucoup d'enfants des
villes furent envoyés à la campagne par l'intermédiaire
du Secours National, ils purent ainsi profiter du bon air et surtout de la
nourriture. En ville, en effet, beaucoup de denrées étaient rationnées,
chères et souvent difficiles à trouver. C'est ainsi que ma mère,
Thérèse et sa soeur Agnès, âgées respectivement
de 13 et 11 ans et domiciliées à Lille (Nord), furent accueillies
par la famille Stoven à Renescure près de Saint-Omer dans une
ferme domaniale attenante au château appelé "Castel de Zuthove".
Année
après année, été après été,
les fillettes sont retournées à Renescure, des liens se sont noués
entre les deux familles et les enfants sont restés en contact durant
de nombreuses années. Notre enfance a été bercée
par les souvenirs que Maman nous racontait inlassablement, et aujourd'hui encore,
je ne peux passer devant le Castel de Zuthove à Renescure sans penser
qu'il fut le temps de quelques étés ...
Le Château de ma Mère. "

(Photos
archives
Famille
Bailleul
- C.Virion)
Note
: Merci à Victor Maës qui, en
trouvant
la page spéciale Renescure sur mon site internet, a fait le lien entre les récits qui
s'y trouvent et sa belle-soeur, Monique Maës-Stoven, petite compagne
et amie
de Maman
et Tante
Agnès
à
partir
de 1942.
Les
liens
se sont
renoués
permettant ainsi
une rencontre extraordinaire en mai 2002 : les retrouvailles de Monique
et Agnès, quelques 50 ans après les faits ! Merci beaucoup Victor.
Catherine
Virion-Théry
(décembre
2004)

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