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Le Castel de Zuthove

à Renescure (59)

C.Virion-Théry (décembre 2004)

(Photos archives Famille Bailleul - C.Virion) 

 


 

Le Castel de Zuthove

 

Situé à la limite du comté de Flandre, le bourg fut tôt fortifié et protégé par un château dès le 12ème. Brûlé par les troupes du duc de Gloucester en 1436, le château fut reconstruit à la fin 15ème, agrandi au 17ème, transformé au 18ème. Le vieux château fut en partie reconstruit sous la Restauration, incendié en 1944 et récemment restauré, il est plus connu sous le nom de château de Philippe de Commynes. Sur le même territoire se trouvait la seigneurie de Zuthove qui appartenait au 15ème aux Cornhuse qui construisirent un manoir de type flamand ; la seigneurie et le château passèrent à la fin 18ème aux Ranst qui le restaurèrent. A la Woestyne, se trouvait jusqu'à la Révolution une abbaye de cisterciennes.

 

Sire Philippe de Commynes d'Argenton (1447 - 1511)

 

(de Colart van den Clyte, seigneur II de Renescure)

 

Fils de Colart van den Clyte (Colart II, seigneur de Renescure) et Marguerite d' Armuyden

 



Philippe van den Clyte, seigneur de Commynes, servit le duc de Bourgogne Charles le Téméraire en qualité de chambellan avant de prendre le parti de son rival, le roi de France Louis XI. Ayant sauvé la mise du roi lors de l'entrevue de Péronne, il en fut récompensé par le titre de sénéchal de Poitou et quantité de richesses.

Après une brève disgrâce sous la régence d'Anne de Beaujeu, fille de Louis XI, il servit encore Charles VIII et se retira sur ses terres à Argenton-sur-Creuse, où il écrivit ses Mémoires, qui constituent une source irremplaçable d'informations sur les règnes de Louis XI et Charles VIII.

De ces Mémoires en forme de traité de morale politique est extraite la formule ci-dessus appelée à devenir un proverbe. Elle illustre une morale politique proche de celle de Machiavel.

 

Renescure - Castel de Zuthove - Château de M. de Ranst (photo 1943)

Description du Castel

Sur la porte d'entrée on peut lire la date de 1472.

Pour pénétrer actuellement dans le château, il faut franchir un pont de bois qui enjambe les douves (celles-ci ceinturent entièrement le château). Ce pont est situé latéralement vers l'arrière.
Autrefois, l'entrée se faisait par un pont de pierre, aujourd'hui désaffecté, placé en regard de la façade principal.

 

 

Pont et porte pour accéder au Castel

 

 

 

Photos archives Famille Bailleul - C.Virion

(Les visages ont été brouillés volontairement)

 


Le plan d'ensemble de l'édifice dessine un carré dont 3 des angles sont flanqués d'une tour circulaire.

Vers l'arrière, un rentrant a été marqué et il est comblé partiellement par une autre tour.
Un bâtiment annexe, de plan rectangulaire, est accôté à la façade latérale qui regarde vers le pont d'accès en bois.

L'oeuvre a été réalisée en briques, mais les encadrements des baies sont en pierre blanche.
Son architecture est simple et ordonnée : le souci de la défense n'a pas été la préoccupation qui a guidée le constructeur.

Les trois tourelles d'angle sont élégantes et elles se terminent par des poivrières. A l'intérieur, elles enferment des escaliers à vis.

L'originalité de cet édifice est dûe au fait que ses 4 façades présentent des pignons à pas-de-moineaux du type de ceux que l'on rencontre fréquemment aux maisons et aux hôtels en Flandre et sur les rives de la Baltique à la fin du Moyen Age et au début de l'époque moderne.

La façade principale, limitée par deux tourelles, présente deux niveaux.
Au centre s'ouvre la porte coiffée d'un arc surbaissé, mais encadrée d'un arc brisé, ce qui ménage un tympan meublé par un culot feuillagé soutenu par un marmouset et une niche actuellement occupée par une statue de la Vierge.

La fenêtre supérieure percée dans le pignon est rectangulaire, mais coiffée d'un arc légérement surbaissé reposant sur deux culots dont les rampants feuillages enserrent un écu et une couronne eux-même terminés par un fleuron. L'ensemble de cette composition n'est pas dépourvu d'allure.
De part et d'autre, la façade est éclairée à chacun de ses 2 niveaux par une fenêtre dont l'archivolte dessine un arc surbaissé. Au dessus de ces percements, au niveau de la toiture à pente simple, une lucarne éclaire les combles.

L'importance de ces baies souligne pleinement que le château n'a pas été conçu pour la défense mais pour servir d'habitation, une habitation que l'on a voulu plaisante et agréable.

Les tourelles ont été percées de quelques petites ouvertures légèrement ceintrées. Elles sont plus hautes d'un étage que le corps principal du bâtiment

La façade latérale droite, elle aussi campée entre deux tourelles, est dissymétrique :

 - A gauche, elle offre un pignon, dont la partie basse se trouve raccordée à la tourelle voisine par une autre petite tourelle engagée terminée par une série de merlons et de créneaux. Ce pignon est percé de trois fenêtres superposées présentant les mêmes caractéristiques que celles de la façade principale.

 - Vers la droite, le bâtiment est éclairé par deux baies et une lucarne. Une toiture à double rampant le couvre.

  La façade arrière est plus mouvementée puisqu'elle présente de gauche à droite :
 - la tourelle d'angle
 - un pignon
 - un grand rentrant où se loge une tourelle plus haute que les autres
 - enfin un nouveau saillant correspondant au bâtiment bas abritant les cuisines associé à la façade latérale regardant vers le pont en bois.

  Ce château, de type féodal de par son plan, la présence de douves, sa position près de l'église, annonce en même temps celui de l'époque moderne : il a été dépourvu de pont-levis, ses façades sont largement percées.

Son constructeur lui a imprimé des caractéristiques nettement flamandes : l'utilisation de la brique et des pignons en pas-de-moineaux notamment.
Il a su aussi jouer des effets de contrastes de couleurs dans ses encadrements de fenêtres et celui de la porte principale en faisant alterner la pierre et la brique.

(Source du texte : internet - divers)

Notes personnelles liées au Castel de Zuthove

"A partir de l'été 1942, beaucoup d'enfants des villes furent envoyés à la campagne par l'intermédiaire du Secours National, ils purent ainsi profiter du bon air et surtout de la nourriture. En ville, en effet, beaucoup de denrées étaient rationnées, chères et souvent difficiles à trouver. C'est ainsi que ma mère, Thérèse et sa soeur Agnès, âgées respectivement de 13 et 11 ans et domiciliées à Lille (Nord), furent accueillies par la famille Stoven à Renescure près de Saint-Omer dans une ferme domaniale attenante au château appelé "Castel de Zuthove". Année après année, été après été, les fillettes sont retournées à Renescure, des liens se sont noués entre les deux familles et les enfants sont restés en contact durant de nombreuses années. Notre enfance a été bercée par les souvenirs que Maman nous racontait inlassablement, et aujourd'hui encore, je ne peux passer devant le Castel de Zuthove à Renescure sans penser qu'il fut le temps de quelques étés ... Le Château de ma Mère.  "   

(Photos archives Famille Bailleul - C.Virion)

 

Note : Merci à Victor Maës qui, en trouvant la page spéciale Renescure sur mon site internet, a fait le lien entre les récits qui s'y trouvent et sa belle-soeur, Monique Maës-Stoven, petite compagne et amie de Maman et Tante Agnès à partir de 1942. Les liens se sont renoués permettant ainsi une rencontre extraordinaire en mai 2002 : les retrouvailles de Monique et Agnès, quelques 50 ans après les faits ! Merci beaucoup Victor.

Catherine Virion-Théry (décembre 2004)